Chinatown: allers-retours

Chinatown: allers-retours

Après avoir lancé son premier album, Cité d’or, au printemps 2009, le quintette Chinatown s’est fait plutôt discret durant le reste de l’année, tandis qu’il se promenait en région pour s’y faire connaître. 2010 voit sa présence augmenter, tant à Montréal qu’ailleurs. En janvier, le groupe a d’abord fait l’objet de la série Salut vieux monde sale, sur le site de Radio-Canada. Il a également participé à l’émission Studio 12, sur les ondes de la télé nationale, puis lancé un nouveau single et un vidéoclip pour la pièce Perdre son temps.

Mais le plus gros développement est survenu avec la première tournée de la formation en sol français, dont elle est revenue depuis tout juste quelques jours. Là-bas, elle a notamment joué en première partie de Cœur de pirate. Quand on sait à quel point les membres de Chinatown carburent au dépaysement (ils ont effectué une tournée en Chine avant même d’avoir un contrat de disque et n’ont pas choisi ce nom de groupe pour rien), ça valait la peine de prendre de leurs nouvelles. Le chanteur et guitariste Félix Dyotte s’est porté volontaire et nous en a dit plus long sur la rentrée montréalaise qui s’en vient cette semaine.

NIGHTLIFE: Et puis, comment ça s’est passé en France?
Félix Dyotte: Ah, super cool! On avait plein d’appréhensions, parce dans le groupe, on a un Français (le guitariste Julien Fargo) qui avait un peu peur de nous présenter à son pays natal. Il n’était pas sûr… Pierre-Alain (Faucon, chanteur et claviériste) et moi sommes davantage de nature exaltée, naïve. On était comme: «Yé, on s’en va en France! On va leur rocker la face!» Julien, lui, était comme: «On risque de se faire niaiser! Ils risquent de ne pas aimer!» Finalement, Julien-le- logique a eu tort devant notre naïveté ingénue! (rires)

Tout l’espèce de snobisme qu’on imaginait des Français n’existe pas, finalement. Tout le monde a été super gentil, super accueillant. Peut-être qu’on a juste été chanceux – probablement –, mais on a eu une super bonne réaction du public. Autant à Paris qu’en région. On a ouvert deux fois pour Cœur de Pirate, c’était devant genre 1500 personnes. Elle est vraiment huge, là-bas! Étonnamment, son public cadre super gros avec ce que nous sommes. On s’est ramassés à faire un set acoustique, pour ces deux concerts-là. On ne l’avait jamais vraiment répété, on n’avait aucune idée de ce que ça allait donner. Mais on s’était fait dire: «la musique, de toute façon, ça ne compte pas pour les Français; ils écoutent juste la voix!» Faque, on s’est concentré sur la voix.

Là, on est super excités, on a hâte d’y retourner! On a fait deux shows à Paris. C’était dans des toutes petites salles, sauf que ça s’est retrouvé plein les deux soirs! Y’a même un gars des Inrocks qui est venu nous voir et qui a vraiment aimé ça. Les Cowboys fringants sont venus voir notre show, aussi. Ça a été des belles rencontres. Pis on a tellement bu! Les Français, ils nous battent! On a tellement bien mangé, aussi. C’était vraiment une belle tournée. Ah oui: on a passé une semaine à Chevetonne, un trou dans le fin fond du Poitou-Charentes, où on a donné des ateliers avec les étudiants d’un lycée. Il fallait qu’on monte des tounes avec dix filles et un gars de 15 à 18 ans! Pendant une semaine, tous les jours, il fallait se lever à 7h30 du matin pour aller donner des ateliers alors qu’on n’avait jamais fait ça de nos vies! À la fin de la semaine, on présentait les tounes live devant le reste du lycée. C’était vraiment spécial, mais c’était le fun.

NL: Il paraît qu’il y a eu beaucoup d’incertitude dans la préparation…
FD: Ça s’est booké tellement à la dernière minute! On a été vraiment certains de partir seulement une semaine avant le départ. C’était une première tournée préparée à la va-vite! Mais aux concerts de Cœur de pirate, on a vendu tous nos CD.

NL: Un moment fort?
FD: Après notre show à l’International de Paris, on s’est retrouvés dans un bar de Sénégalais. On a fait le party avec eux. Y’avait un gars qui jouait de la kora, il était tellement extraordinaire comme musicien! J’avais honte! On a dansé et on a fêté avec eux. Ça nous a surpris, aussi, de voir à quel point les gens en région n’ont pas nécessairement l’impression que leur accent est le seul qui puisse exister. Ils ont vraiment accueilli notre langage avec facilité et intérêt. C’est pas vrai que la France est fermée, ou alors c’est de moins en moins vrai. C’est sûr qu’on chante dans un français relativement normatif, mais ils ont quand même vu qu’on était Québécois, pis on n’a vraiment pas senti de retenue ni de doute… Même à Paris, les gens en ont vu d’autres. Ils sont de moins en moins snobs et de plus en plus intéressés au rock. Dans nos têtes, on a un peu brisé des clichés français.

NL: Vous vous apprêtez à faire votre «rentrée montréalaise». À quoi faut-il s’attendre?
FD: Ben, on n’a pas eu beaucoup de temps pour travailler des nouvelles chansons, à part celles qui ne sont pas sur l’album et qu’on joue déjà. Mais on a des invités-surprises. Et on va avoir une section de cuivres, des nouveaux éclairages, pis un claviériste qui va laisser plus de liberté à Pierre-Alain pour danser. C’est quand même le fun pour lui. Parce que des fois, il est un peu tanné de jouer du clavier en chantant. Je le comprends, c’est un peu limitatif.

Tsé, le terme de «rentrée montréalaise», c’est très étrange, pour nous. C’est très typiquement québécois. On ne le comprend pas trop bien, mais d’après ce qu’on m’a expliqué, c’est supposé être le show que t’as rodé en région et que tu reviens montrer au public à Montréal. Sauf qu’en fin de compte, c’est toujours un show spécial que t’as jamais fait avant. Nous-mêmes, on ne sait pas trop à quoi nous attendre.

Chinatown
22 avril
Cabaret Juste pour rire
| 2111, Saint-Laurent
www.chinatownmusique.com

 

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