Chante-là ta chanson: Beach House, Poirier, Gogol Bordello et la petite magie

Crédit photo: Je dois avoir reçu quelque mauvais sort qui fait que LA chanson, LE disque, LE riff que j’attends fébrilement, lors d’un concert, sera invariablement laissé de côté du setlist, ce soir-là... Chante-là ta chanson: Beach House, Poirier, Gogol Bordello et la petite magie

Je dois avoir reçu quelque mauvais sort qui fait que LA chanson, LE disque, LE riff que j’attends fébrilement, lors d’un concert, sera invariablement laissé de côté du setlist, ce soir-là. C’est comme ça. Je dois avoir des aiguilles dans ma poupée vaudou quelque part. Ça m’apprendra, aussi, à m’enticher du jam psychédélique de onze minutes en pièce cachée…

Les pans entiers de carrière ignorés, par contre, passent moins bien. Surtout lorsqu’il s’agit du plus réussi, du seul qui ait vraiment marqué son époque.

Pour avoir le droit de faire ça sans se moquer de son public, encore faut-il avoir du matériel d’égale valeur à offrir. Chose que le tandem américain Beach House, avec tout son talent, n’a pas su créer avec Devotion (2008), ni le tout récent Teen Dream. Deux bons albums, soit, mais qui n’arrivent pas à la cheville du premier album éponyme de 2006. Et qui ne semblent pas avoir eu le même impact: c’est encore ce premier coup qui joue dans les cafés, dans le salon des amis…

Le 29 mars à la Sala Rossa, on avait hâte d’entendre la nouvelle livrée en direct, pour sûr, mais on avait aussi hâte de revisiter ce fameux Beach House. Mais de cet album classique, on aura finalement retrouvé qu’un misérable extrait: «Master of None».

À la sortie du show, un ami musicien disait comprendre le choix du groupe: toujours jouer les mêmes morceaux, c’est lassant.

Oh, boo hoo. La vie est lassante.

On a, chaque jour, des montagnes de nouveaux disques à se mettre sous la dent, de chansons à télécharger. On a soixante ans de rock derrière nous. Il n’en faut pas juste un peu, du talent, aujourd’hui, pour signer un vrai classique, quelque chose qui reste. Cette petite magie ne vaudrait-elle pas la peine d’être honorée comme il faut?

***

Poirier et Gogol Bordello n’auront jamais à faire face à ce dilemme. C’est le privilège de celui qui sait atteindre les hanches et le système nerveux à la première flèche.

Une grande partie du talent d’un DJ est de pouvoir lire l’humeur de son public. Le 9 avril, au Belmont, Poirier a à nouveau démontré que sa force, à lui, est de pouvoir faire l’inverse: imposer son humeur à lui. Je revenais de voir deux shows rock. Des amies revenaient de pleurnicher autour d’une bouteille de vin. Une heure plus tard, on dansait tous avec la même intensité. Quelle que soit la vibe, quelle que soit la saveur musicale du moment, Poirier y arrive toujours.

Quant à Gogol Bordello, je ne peux pas dire que leur world-punk me parle profondément. Il y a quelque chose, dans cette approche mondialisante, qui me ramène dans les années 90 de la Mano Negra et de Grim Skunk. Quelque chose de dépassé. Dix minutes, que ça m’a pris, le 18 avril au Métropolis, pour en revenir. Gogol Bordello n’a pas vraiment de grandes chansons en poche, mais il y a quelque chose de contagieux dans sa drive punk. Et à voir ce public bigarré, cet assortiment de hipsters, de hippies et de punks exploser à l’unisson sur «Start Wearing Purple», difficile de ne pas entrer dans la danse.

 

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