LCD Soundsystem: l’essentiel

LCD Soundsystem: l’essentiel

Quand on sait qu’on s’en va bientôt, vaut-il mieux ressasser ses meilleurs souvenirs ou en créer des nouveaux?

Le 24 mai, au Métropolis, LCD Soundsystem a semblé préférer la première option. La bande de James Murphy a mis l’accent sur le matériel de ses deux premiers albums – LCD Soundsystem (2005) et The Sound of Silver (2007), ne larguant au passage qu’un minimum d’extraits de This is Happening, son rutilant troisième album, lancé la semaine dernière. Lequel, rappelons-le, sera vraisemblablement son dernier, Murphy ayant annoncé son intention de dissoudre le projet après ce troisième épisode.

Le public semblait pourtant prêt à prendre des nouvelles chansons. Quand «Drunk Girls» retentit (tout de suite après «Us and Them», servie en ouverture), il chante en chœur. Réaction forte, également, à «Pow Pow», qui suit un peu plus tard. En entendant «All I Want» et «I Can Change», on se dit toutefois que cette faible représentation est pour le mieux. Toutes proportions gardées, This is Happening est plus mollo que ses prédécesseurs et ces deux dernières sélections provoquent une baisse de tension dans la salle. «One Touch» et/ou «Home», plus entraînantes, auraient sans doute fait meilleure figure.

À leur place, les grosses tounes plus connues: «Get Innocuous!», «Daft Punk is Playing at my House», «Tribulations», «Yeah»… Difficile de s’en plaindre, surtout si c’est le dernier rendez-vous. La frénésie dancepunk des dernières années n’a pas engendré que du bon, mais avec ces brillants hybrides de fougue punk, de minutie électro et d’extravagance disco, LCD Soundsystem a mérité sa place dans le grand livre de la pop.

Au niveau du jeu, le sextuor est égal à lui-même: précis comme une montre, mais convaincu et vigoureux, avec le batteur Pat Mahoney à l’avant-scène comme toujours, et Murphy en maître de cérémonie placide, peu loquace, mais charismatique.

Petit afflux d’émotion en rappel: «Someone Great», sans doute LA meilleure chanson du groupe, sinon l’un des tubes électro-pop les plus touchants de mémoire récente; suivie de «Losing my Edge» – le single qui a fait découvrir LCD, en 2002 – et, à la toute fin, une «New York, I Love You but You’re Bringing me Down» assortie d’un bout de reprise de «Empire State of Mind», de Jay-Z/Alicia Keys. Un ajout un peu prévisible, qu’on a senti arriver dès que le temps a ralenti, mais un petit clin d’œil comique bienvenu au moment de procéder aux adieux.

Le mot de la fin, vraiment? On en doute. Tout ce beau monde – Murphy, Mahoney et la claviériste Nancy Whang (beaucoup plus à l’aise sur scène qu’aux débuts du groupe) en tête – ne tardera sûrement pas à ressurgir dans de nouveaux projets.

En lever de rideau, les New-Yorkais de Holy Ghost!, sorte de version anémique de Chromeo, ont livré un électro-pop bien ficelé, mais sans trop de cachet. Rien pour justifier ce point d’exclamation dans le nom.

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