Falling Angels, un ballet contemporain sans fioriture

Crédit photo: John Hall Falling Angels, un ballet contemporain sans fioriture

Falling Angels est un ballet en trois parties, assez inégales, mettant à l'honneur la danse, les danseurs et, plus globalement, la vie. C'est un hymne mélancolique, triste et paradoxalement lumineux, relevé par une musique répétitive et saccadée.

Les deux premières parties sont des chorégraphies de Jiri Kylian. La première, Evening Songs, est une découverte de la nature à un moment particulier : le crépuscule. Avouons-le, sans le synopsis, nous n'aurions jamais pu le deviner. Nous avons ici surtout admiré le travail impressionnant d'un groupe de femmes et d'hommes, en noir et blanc, se confondant parfaitement dans le décor vivant d'une chorale épleurée. C'est sans doute trop précis, rigoureux, presque mathématique pour nous : l'émotion, en à peine 15 minutes, n'aura pas eu le temps d'éclore.

Crédit photo: John Hall

Heureusement, Falling Angels, qui représente sans doute le clou du spectacle, est réellement hypnotisant. Inspirée des danses traditionnelles du Ghana, la chorégraphie est d'une densité extrême et d'une complexité fascinante. Les danseuses, par leur rare simplicité, nous explosent au visage et leurs mouvements célestes laissent jaillir des beautés musclées qu'on ne se lasse pas d'admirer. Dans un échange parfaitement rythmé et psychotique, les interprètes montrent ainsi un visage ambigu de la danse et de la femme, toutes deux prisonnières de codes et de pulsions.

Crédit photo: John Hall

Finalement, Searching for Home de Stephan Thoss, n'a pas eu, sur nous, l'effet escompté. Trop contemporain, trop exigeant, trop novateur peut-être ? Mais comment peut-on être « trop » dans ces cas-là ? Nous continuons d'en chercher le sens : celui du Moi, du miroir du Moi, de la recherche d'identité et de sa perte, de la schyzophrénie, de la folie, de l'influence de l'Autre, de la difficile maîtrise de l'Être. Le tableau est artistiquement et esthétiquement très riche mais la magie, à notre grand regret, n'opère pas totalement.

Cette apothéose mystérieuse est de toute façon l'occasion de faire un bel hommage à Gradimir Pankov, directeur artistique de 1999 à 2017 pour Les Grands Ballets. Un révolutionnaire né qui tire, avec cette présentation, une révérence à son image. Un homme décrit comme admirable, insoumis et surtout, visiblement un peu extravagant.

FALLING ANGELS 
25 mai au 3 juin 2017

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