Buzzcocks: les refrains d’abord

Buzzcocks: les refrains d’abord

À la californienne façon Green Day, à la garage comme Jay Reatard, à la britpop tel Supergrass, à la grunge manière Nirvana… Au fil des ans, le pop-punk a été apprêté à toutes les sauces, mais en remontant aux sources du genre, on retrouve un seul et même groupe: les Buzzcocks!

Intimement lié à l’explosion de la première vague du punk et celle des Sex Pistols en particulier, le quatuor anglais s’est distingué en apportant au genre un plus grand souci mélodique, une meilleure précision musicale (qui n’affaiblissait en rien ainsi le cachet authentiquement punk de sa démarche) de même que des textes plus travaillés; tantôt plus humoristiques, plus émotifs ou simplement plus réfléchis.

En fondant le groupe, en 1976, Pete Shelley et Howard Devoto s’enlignaient originalement sur un rock plus stylisé et artistique, à la manière de celui du Velvet Underground, mais le contact avec la fureur juvénile débridée des Sex Pistols, qu’ils découvriraient la même année lors d’un concert à Londres, changerait irrémédiablement la donne. Avant même de pouvoir trouver les musiciens nécessaires pour démarrer complètement leur groupe, Shelley et Devoto réussiraient d’ailleurs à faire venir jouer les Sex Pistols dans leur ville natale de Manchester, donnant ainsi à la ville ouvrière ses premiers sursauts de foyer pour le champ gauche musical.

Devoto quitterait peu après, faisant passer Pete Shelley au rang de chanteur, tandis que le bassiste Steve Diggle deviendrait guitariste et seconde force créative du groupe. Un assortiment de bassistes et de batteurs se sont depuis succédé à leurs côtés.

Deux vies, un impact
Durant ce qu’il convient d’appeler «sa première vie» – celle qui a marqué le rock à jamais –, le groupe a signé trois albums: Another Music in a Different Kitchen (1978), Love Bites (1978) et A Different Kind of Tension (1979). Une compilation de ses tubes et faces B, Singles Going Steady (1979), lui permettrait de se faire connaître de ce côté-ci de l’Atlantique, quoiqu’un peu trop tard: il allait se séparer en 1981.

La réunion a eu lieu en 1989. Depuis, les Buzzcocks ont lancé cinq albums de nouveau matériel, soit plus que durant leur règne initial. Le plus récent, Flat-Pack Philosophy, date de 2006.

Bien qu’ils démontrent encore une vigueur respectable, ils n’ont évidemment jamais réussi à égaler leurs premières salves des années 70. Des brûlots comme Orgasm Addict, What Do I Get?, Ever Fallen in Love (with Someone You Shouldn’t’ve)? et Why Can’t I Touch It? demeurent des croisements parfaits de sensibilité pop et d’urgence punk, des références pour tout artiste effleurant le genre.

Pas pour rien que le groupe consacre sa tournée actuelle, intitulée Another…Bites, à ses deux premiers albums (Another Music in a Different Kitchen et Love Bites). Les deux opus sont interprétés intégralement durant la première partie du concert, après quoi le groupe (Pete Shelley et Steve Diggle, accompagnés ces temps-ci par le bassiste Chris Remington et le batteur Danny Farrant) revisite quelques chansons tirées d’autres albums.

Buzzcocks
18 mai
Le National | 1220, Sainte-Catherine E.
avec The Dollyrots
www.buzzcocks.com

 

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