Le Cirque du Soleil récidive avec un spectacle présenté sur glace au Centre Bell. C’est dans une atmosphère très années 80 avec une touche futuriste que l’histoire prend place. Axel, coincé dans un amour impossible, fait vivre l’histoire de ses personnages avec ses dessins et sa musique. C’est le chanteur principal du spectacle et il se retrouvera souvent sur scène chaussé de patins avec une guitare électrique dans les mains.

C’est en misant sur des effets lumineux et des projections sur la glace que Axel nous propulse dans son univers. Il n’y a pas de décor physique outre les bandes latérales lumineuses de chaque côté de la scène. Le Cirque du Soleil a voulu rajeunir son image avec ce concept et des chansons populaires comme Creep de Radiohead et Diamonds de Rihanna. D’ailleurs, le spectacle s’ouvre sur Mad World et un numéro de patins.

Après avoir vu plusieurs spectacles du Cirque du Soleil, je dois avouer que celui-ci se classe en dernier. La plupart des idées sont bonnes, mais c’est dans la mise en application qu’on se perd. Par exemple, à un certain moment, une nappe de brouillard envahit la glace et des hommes cerfs-volants apparaissent. On a l’impression qu’ils flottent à travers les nuages. On s’attend à un numéro magique et grandiose. Malheureusement, ce n’est pas au rendez-vous. L’exécution du numéro se fait rapidement sans réelles acrobaties. Ou alors, le numéro du guerrier japonais qui réalise une série de mouvements de combat avec des sabres enflammés. Malheureusement, les effets pyrotechniques ne réussissent pas à nous éblouir. Tout feu tout flamme, sans acrobaties dignes de mention.

En ce qui a trait à l’histoire, on s’y perd aisément. Dans l’univers imaginé par Axel, il y a une lutte entre deux clans qu’on imagine le bien et le mal. De cette lutte jaillissent plusieurs personnages colorés en passant par des guerriers japonais à des personnages plus loufoques comme le chien-robot, le clown du spectacle. Les costumes rappellent les vidéoclips des années 80 avec du latex rouge et noir, des imprimés criards et des motifs géométriques. On se perd dans ces personnages caricaturaux. La magie n’est pas au rendez-vous.

Malgré la présence d’un orchestre physique, grandement apprécié, certaines musiques dévient sous les effets de synthétiseurs encore une fois à la sauce années 80. Ce n’est pas assez organique.

La scénographie composée de jets lumineux, d’effets de laser et d’images projetées sur la glace qui se meuvent avec l’action ne réussit pas à nous transporter dans cet univers surréaliste. Certains numéros plairont certainement aux enfants comme celui où la glace se transforme en piste de courses et que des véhicules téléguidés semblant sortir du film Tron circulent à toute vitesse à travers les acrobates.

On sort du spectacle en se demandant où est la magie? La magie de personnages hauts en couleur, la magie d’une musique mémorable, la magie de numéros impressionnants. La fluidité entre chaque numéro est maladroite et on remarque à quelques reprises des patineurs tomber. La deuxième partie est définitivement plus intense que la première, mais elle ne permet pas de se démarquer non plus. Le Cirque du Soleil a toujours su innover par des numéros qui dépassaient les limites du possible. Or ici, les numéros classiques d’équilibre, de diabolos, de suspensions aériennes sur tissus et cerceaux et autres se chevauchent sans pourtant réussir à sortir du lot. C’est un spectacle qui manque de chaleur et d’émotions. Je le répète, certaines idées sont ingénieuses, mais on n’atteint pas la cible. On reste sur notre faim.

Le spectacle est présenté du 19 au 29 décembre au Centre Bell.

Crédit photo : Cirque du Soleil

Crédit photo cover : Serge Cloutier

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