Prenant exemple sur l'Écosse — dont le parlement adoptait à l'unanimité le 24 novembre dernier une loi visant à garantir le droit d'accès aux produits hygiéniques féminins, et ce, gratuitement — et sur la Colombie-Britannique, où l'ensemble des écoles publiques sont maintenant obligées d'offrir gratuitement des produits d'hygiène féminine à leurs élèves, le Québec fait lui aussi cette semaine un pas de plus vers la gratuité des produits menstruels dans les lieux publics.

C'est vendredi dernier, 4 décembre 2020, que l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité une motion déposée par Catherine Fournier, députée indépendante du compté de Marie-Victorin, l’engageant à étudier la possibilité de rendre les produits menstruels accessibles gratuitement dans les établissements publics, dont les écoles.

 

« Pour certaines femmes, c’est la goutte de trop dans leur budget. Des études montrent même que des jeunes filles vont parfois jusqu’à manquer l’école lorsqu’elles ont leurs règles, par manque d’accès à des tampons, serviettes sanitaires ou autres », plaidait la semaine dernière Catherine Fournier, dans un communiqué.

« [...] Ici, au Québec, plusieurs municipalités ont instauré des programmes de subvention visant à encourager l'achat de produits hygiéniques féminins réutilisables et durables », ajoutait-elle. On pense ici d'ailleurs à plusieurs arrondissements montréalais qui remboursent depuis le début de l'année les produits menstruels réutilisables et écoresponsables à leurs citoyens et citoyennes.

« Ma toute première intervention à l'Assemblée nationale en février 2017 portait sur la "taxe rose", soit le phénomène par lequel les femmes paient davantage que les hommes pour les mêmes produits d'hygiène, pour ne nommer que cet exemple. Être femme, c'est cependant aussi devoir payer pour des produits que n'ont jamais à acheter les hommes. C'est le cas des produits menstruels, qui peuvent représenter plusieurs milliers de dollars au cours de notre vie. Pour certaines femmes, c'est la goutte de trop dans leur budget. Des études montrent même que des jeunes filles vont parfois jusqu'à manquer l'école lorsqu'elles ont leurs règles, par manque d'accès à des tampons, serviettes sanitaires ou autres [...] Grâce au mouvement En règle Québec, j'ai déposé une pétition à l'Assemblée nationale en septembre 2019 pour sensibiliser les parlementaires sur cette situation. Aujourd'hui, dans la foulée de l'avant-gardisme dont a fait preuve l'Écosse en devenant le premier État du monde à se doter d'une telle législation, j'ai décidé de déposer une motion pour que le Québec emboîte le pas. Le gouvernement s'est engagé à étudier la possibilité de le faire dans les institutions publiques, dont les écoles. C'est une belle avancée pour l'égalité des sexes. Après tout, est-ce qu'on s'interroge sur la pertinence de fournir du papier de toilette et du savon dans les salles de bain ? Poser la question, c'est y répondre. J'espère que le gouvernement ira de l'avant », concluait Catherine Fournier.

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